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Le paradoxe Cassiers-Le Pladec

Le grand metteur en scène flamand et la chorégraphe montante de la danse contemporaine en France s’inspirent de la dramaturge autrichienne prix Nobel 2004 pour aborder la crise européenne des réfugiés dans le gigantesque Parc des expositions d’Avignon… en une heure quinze. Pas de musique envahissante, de chorégraphie virtuose, d’effets gratuits, de militantisme culpabilisant, de…

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L’extension du domaine du théâtre

Le théâtre est-il le lieu du théâtre ? À Avignon, depuis sa création en 1947, la Cour d’Honneur du Palais des Papes est le territoire majuscule et paradoxal du festival, et les parois d’une forteresse papale sont le mur de fond contre lequel s’adossent symboliquement tous les spectacles. Depuis 71 ans, c’est sa marque, sa singularité :…

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La voix comme geste chez La Princesse Maleine

L’enjeu d’un « corps-voix »… un geste-voix… Aux premiers instants de la représentation de La Princesse Maleine, moi j’avais trouvé ce que je voyais tellement beau esthétiquement, surtout en raison du caractère pictural encadré parfaitement par les deux beaux platanes du Cloître des Célestins. C’était beau de voir les comédiens à la table, beau ces blocs de glace,…

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20 Novembre : une histoire pour qui

Lena Paugam met en scène 20 novembre de Lars Norén. Cela se joue dans le Festival off d’Avignon 2017 à la Manufacture. Un projet initialement prévu pour le milieu scolaire qui voudrait « ouvrir un débat ». Entre provocation et volonté de pensée critique, il n’est pas sûr que ce soit l’ordre établi qui en sorte vainqueur. 20 novembre mis…

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Gabriel Dufay et les spectres vifs de Desnos

La vie et l’œuvre de Desnos semblent se briser l’une sur l’autre. À la vie revient la part d’échec, de douleurs, de ruptures successives – avec Breton en 1929, avec la littérature en raison de la guerre et l’engagement dans la Résistance, avec l’amour et ses liens tranchées, avec l’existence, achevée cruellement dans le Camp…

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Ce sont que des mythes bordel !

L’acteur et metteur en scène Bernard Bloch propose un voyage dans les fils entremêlés de l’archipel imaginaire de Palestine en adaptant pour le théâtre son récit Dix jours en terre ceinte. Un récit où domine la pudeur d’une parole inquiète qui fait entendre des interrogations dépassant le seul cadre biographique. Sur le petit plateau du théâtre…

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Un couteau dans la plaie

Quelle gageure ! Un jeune metteur en scène et sa compagnie tentent de greffer une veine horrifique, habituellement cantonnée dans les fêtes foraines, au corps d’une esthétique recherchée et d’une fable kafkaïenne. Prodige, la créature tient debout et vaut le coup d’oeil… Dès l’installation du public dans une patinoire muée en salle de représentation et dès…

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Maeterlinck inouï, ou l’impossible Princesse Maleine de Pascal Kirsch

Maeterlinck est-il possible aujourd’hui ? Et avec son théâtre, le monde qu’il soulève, les forces souterraines, l’invisible des puissances qui laminent ? Pascal Kirsch ose le scrupule et choisit de suivre l’écriture jusque dans ses folies inouïes : désirant tout livrer du texte et tout faire entendre — des moindres spasmes, des « oh », des « ah », des piétinements, des cris…

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Je te Sopro shshshshshaaaalinguapoética

…boniteza, leveza, fluidez… (SMS envoyé à une amie : Je t’écris juste pour te dire que je viens de voir Sopro… C’est beau, c’est poétique, c’est simple, c’est des langues portugaises, c’est une ode à la mer, au mouvement de la vie, aux vents de Pessoa, à la musicalité du quotidien… En plus, les mouvements phonétiques comme…

Critiques, Yannick Butel

Les Bonnes, ça déconne encore

Les bonnes de Jean Genet. 1947. De Meiden ou Les Bonnes de Katie Mitchell. 2017. Presque un anniversaire, mais un anniversaire loupé où à Vedène, dans la chaleur d’Avignon, la mise en scène relève de l’anecdotique. Dommage, On gardera en souvenir le Sebald qu’elle avait monté comme une promesse… Ou, mais il fallait y être, avoir entendu parler des Bonnes joué par…

Antonin Ménard, Critiques

Le soufflé retombe : Sopro de Tiago Rodrigues

Énorme déception que de ressusciter le métier de souffleur pour mieux l’enterrer de nouveau en première classe, sans rien souffler ni imploser du théâtre habituel, et de mettre la langue portugaise au service d’un consensus culturel et vaguement spirituel, toute étrangeté acclimatée. Le metteur en scène portugais offre le cloître des carmes à Cristina Vidal,…

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Très bien

Katie Mitchell met en scène Les Bonnes de Genet du 16 au 21 juillet. Trois points. Les Bonnes de Genet se jouent dans un décors naturaliste. 100 % naturaliste. Un appartement d’une riche dame, ou, ici, travelo ce qui se veut peut-être une sorte de critique du paternalisme, là où les monsieur et madames, les maîtres, ceux qui exploitent…

Critiques, Yannick Butel

Fantazio, le goût de la phantasia

Monologue d’un peu plus d’une heure, Fantazio propose à la Manufacture Histoire intime d’elephant Man que Patrice Jouffroy a accompagné. Un Solo ou un Puzzle affolant, vraisemblablement parfois improvisé, joué avec l’énergie d’un désespoir ironique et humoristique. A voir absolument. Le sens règle-t-il l’existence ? La logique didactique suffit-elle à nous assurer qu’il y a une…

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De la carapace des héros

Yvan-Joel Collin monte Roberto Zucco de Bernard-Marie Koltès avec les élèves du Conservatoire national supérieur d’art dramatique – Paris. C’est l’une des quatre créations avec cette école au Festival d’Avignon. On aurait espérer que les écoles nationales participent à former autre chose que des héros. On voudrait qu’ils ne participent pas à la production d’« habits…

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Cryogénie : la Maleine de Kirsch

Pascal Kirsch gratte et écorne le vernis poétique, merveilleux et symboliste qui avait recouvert cette première pièce de Maeterlinck, il brise la glace, il excave le compost peu ragoûtant dont se nourrissent les jolies fleurs éthérées. Dans le château de Marcellus, roi des Flandres, on célèbre les fiançailles de sa fille Maleine et de Hjalmar,…

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La justesse du faux. Leçon d’équilibrisme par Pascal Kirsch

Le spectacle proposé par Pascal Kirsch se joue de la beauté de la langue de Maeterlinck en proposant un jeu justement faux. Entre retenue et lyrisme, La Princesse Maleine déséquilibre l’écoute du spectateur de façon grisante et ludique et fait sentir, par instant, une beauté à la gravité fragile. Le mistral était à l’honneur pour nos retrouvailles…

Critiques, Yannick Butel

Revue Rouge, au cœur du réel : l’amitié

Avec Revue rouge, titre d’un spectacle qui s’inscrit dans l’histoire d’une couleur et donne ses couleurs à l’Histoire, le metteur en scène Eric Lacascade fait chanter à Nora Krief les chants révolutionnaires d’hier et d’aujourd’hui. Un peu plus d’une heure où l’on peut entendre d’ici et de là, des Amériques du Sud à l’Europe, sur un…

Critiques, Yannick Butel

Work In Regress : le cri !

A quoi pouvait songer Le collectif Plateforme quand il a vu Philippe Martinez prendre place au Théâtre de Bourse du travail CGT ce 13 juillet ? Un instant, on imagine qu’il a pensé, comme Brecht qui rêvait d’avoir pour spectateur Marx, qu’il y aurait au moins un spectateur qui suivrait Work in Regress. Spectacle engagé, documentaire…

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Des sujets à vif, des « étranges » sujets

Le format du Sujets à Vif se présente actuellement comme le lieu le plus favorable à des expérimentations dans le Festival d’Avignon. Au contraire de presque la totalité du Festival où il y a forcément (plus ou moins) un rapport d’ « œuvre-patrimoine » et de respect sacré au « texte », dans le Sujets le but principal est la rencontre entre différentes…

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Koltès / Gabily : la vie en face

Comment parler de la dernière pièce de Koltès, sinon comme d’un seuil ? Ce qui s’offre au-delà — la mort qui achève la vie et commence l’œuvre close — appartient à l’écriture dans la mesure où elle cède aussi. Alors quand de jeunes acteurs s’en emparent, disent les mots de la mort au lieu vital de…

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Casser les murs – Focus Afrique

Un travail que nous demande un autre regard, d’autres paramètres… Des corps puissants qui expriment surtout le plaisir de jouer, d’être ensemble. Moi je suis toute prête pour accéder à la salle du théâtre avec mon ticket. Je le donne à l’agent d’accueil pour qu’elle le scanne. Trois seconds après… Bip sonore négatif : pour des…

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Cogne

  Die Kabale der Scheinheiligen. Das Leben des Herrn de Molière, dernière pièce de Frank Castorf à la Volksbühne, est présenté du 8 au 13 juillet au Festival d’Avignon. Un théâtre qui cogne.   Je laisserai l’analyse sémiologique, dramaturgique et autres ique aux professeurs et experts de l’art théâtral. Je laisserai le fait de juger…

Critiques, Yannick Butel

Maleine : la princesse aux cils blancs

Dans ce lieu incroyable qu’est le Cloître des Célestins où platanes et murs historiques intouchables imposent scénographie, dramaturgie et jeu, Pascal Kirsch reprend La Princesse Maleine de Maeterlinck. Un travail d’une attention rare, construit sur le principe d’une esthétique du tableau (classique et baroque) où les écrans figurent le passage où se croisent tantôt les paysages extérieurs,…

Critiques, Yannick Butel

Le Sec et l’Humide : trop tiède !

A Vedene, Guy Cassiers présentait Le Sec et l’Humide, interprété par un comédien qui peine à être autonome dans les voix dont il a la charge. Une mise en scène décevante où le simplisme l’emporte sur un enjeu d’actualité.   Littell exhume Degrelle C’est alors qu’il écrivait Les Bienveillantes que Jonathan Littell rédigeait, en 2008,…

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Des nuages et autre chose

  C’est un été où il y a des évènements culturelles à en avoir ras le bol. La Dokumenta 14 à Kassel, la SkulpturenProjekte à Münster, en ne pas oubliant la Biennale de Venise et bien évidemment notre annuel Festival d’Avignon. On peut y trouver, comme à chaque année, une (au moins) mise en scène…

Critiques, Yannick Butel

Die Kabale… Acteurs et théâtre en cavale.

  Sous l’arc du bâtiment prestige du parc des expositions, Franck Castorf, débarque avec la Volkbühne, y compris le totem d’acier qui annonce la possession du territoire avignonnais. Et de dire que la 71ème édition du festival d’Avignon commence vraiment-là, avec Die Kabale, une tripotée d’acteurs de fougue, furieux porte-voix de l’histoire du théâtre, dans…

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Dimensions cosmiques et pourtant

  Standing in time, dans le cadre du 71e festival d’Avignon au Cour du Lycée Saint-Joseph, est une sorte de cérémonie symboliste, un ralenti, une sorte d’apnée de 1h30 conçu par Lemi Ponifasio. Neuf femmes y traversent quelque chose qui s’apparente à un sacrifice, une violence, une injustice, une réconciliation… pour « rétablir » « la dignité et…

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J’ai bien fait ?

  Au théâtre 11 qui réunit le théâtre Gilgamesh et le théâtre de Belleville, Le Théâtre du Préau – CDN de Normandie présente deux créations « Toute entière » de Guillaume Poix avec Aurélie Edeline à 15h10 et « J’ai bien fait ? » à 17h30, texte et mise en scène de Pauline Sales codirectrice du Préau. Ce spectacle met…

Critiques, Yannick Butel

Scena madre* scène de qui, de quoi…

  D’inattendus en insolites, c’est l’esprit d’escalier qui structure Scena Madre de la chorégraphe Ambra Senatore du CCN de Nantes. Au Gymnase du Lycée Mistral, le temps de 60 minutes, il est ainsi donné à voir une pièce chorégraphique qui semble n’obéir qu’aux lois de la série et de la cascade où la reprise, le…

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Antigone : rituel universel

Antigone : rituel universel Antonin Ménard – 8 juillet 2017 Le Festival d’Avignon 2017 ouvre sa 71ème édition par Antigone de Sophocle mis en scène par Satoshi Miyagi. Ce metteur en scène Japonais est le directeur du Shizuoka Performing Act Center près du mont Fuji. Il construit ses spectacles à partir de textes du répertoire en…

Critiques, Yannick Butel

Antigone à l’ombre du Mont Fuji

Du poème de Sophocle Antigone, Satoshi Miyagi fait un coffret sonore et visuel plastiquement, scénographiquement, choralement, presque parfait. « Beau », trop beau et élégant si ces adjectifs servent encore à désigner ce qui se donne au regard sans susciter d’autres dépaysements plus critiques.   D’Antigones… « A propos d’Antigone tout est dit et l’on vient trop tard….

Le <i>show</i> Werther
Critiques, Jérémie Majorel

Le show Werther

Le metteur en scène Nicolas Stemann recrée en allemand et en français un spectacle en allemand datant de 1997. Seul en scène, l’acteur Philipp Hochmair joue la comédie de l’égo romantique, démonte le processus d’identification du lecteur au personnage, suit la formation du mythe et suggère l’absence d’horizon politique dont il serait le symptôme.

Libres pérégrinations du regard
Chloé Larmet, Critiques

Libres pérégrinations du regard

La plasticienne propose au Théâtre de l’Échangeur à Bagnolet sa dernière création, Lignes de fuite. Entre proposition plastique et performance visuelle, l’artiste contredit le rythme d’hyperproduction contemporaine des images et nous invite à de libres pérégrinations du regard où chaque image surprend par sa beauté volatile et mouvante.

Tentatives de Fougues
Critiques, Yannick Butel

Tentatives de Fougues

Tentatives de fugue (et la joie ?… Que Faire ?) est à regarder, à écouter et à entendre pour l’ambiguïté que promet le titre. Une tentative d’évasion vers un monde meilleur ou un monde agencé autrement. Mais aussi, et simultanément, la tentation de mettre en musique l’Histoire des pères faite d’abandons, de trahisons, d’hésitations… Avec cette première création, au Théâtre Antoine Vitez, la compagnie en Devenir du metteur en scène Malte Schwind reprenait le travail en son territoire La Déviation à l’Estaque. Un premier essai esthétique, poétique, lyrique et politique… loin des modes de production rouillés de la grande diffusion et de l’industrie culturelle. Et si ce travail est perfectible, il relève déjà d’une œuvre de la maturité…

<i>La Mouette</i>, emblème réactionnaire ?
Critiques, Jérémie Majorel

La Mouette, emblème réactionnaire ?

En s’installant dans la salle, on peut voir projetée en fond de scène une photographie en noir et blanc de bagnards et un propos de Tchekhov revenant sur sa découverte de Sakhaline en 1890. L’instituteur transi Medvedenko (Cédric Feckhout) et l’endeuillée Macha (Bénédicte Cerutti) se lèvent de la banquette qui ceint le plateau et entament…

Médée, la postface de Cervantes.
Critiques, Yannick Butel

Médée, la postface de Cervantes.

Sur la scène du Théâtre du Merlan, à Marseille, François Cervantes présentait Face à Médée. Dans une salle comble, ce 19 janvier, les trois comédiennes (Catherine Germain, Hayet Darwich, Anna Carlier) rapportaient une histoire… celle d’une Barbare, d’une Chamane qui hante l’histoire du théâtre et de la conscience collective. Baroque dans l’écriture, humble au plateau, le travail de Cervantes est avant tout une lecture ou une appropriation singulière servie par trois comédiennes.

<i>Soubresaut</i> : une puissance de déplacements
Critiques, Jérémie Majorel

Soubresaut : une puissance de déplacements

Soubresaut par le Théâtre du Radeau, mise en scène et scénographie de François Tanguy, du 1er au 16 décembre 2016 à La Fonderie (Le Mans), créé le 2 novembre 2016 au TNB (Rennes) lors du Festival Mettre en scène. Avec Didier Bardoux, Frode Bjørnstad, Laurence Chable, Muriel Hélary, Ida Hertu, Vincent Joly, Karine Pierre, Jean Rochereau.

<i>Soubresaut</i>… et le sursaut du funambule
Critiques, Yannick Butel

Soubresaut… et le sursaut du funambule

Soubresaut est la nouvelle création du Radeau et de François Tanguy. Un univers plastique et textuel soutenu par l’élaboration sonore d’Eric Goudard et les voix/corps de Didier Bardoux, Frode Bjornstad, Laurence Chable, Muriel Hélary, Ida Hertu, Vincent Joly, Karine Pierre, Jean Rochereau et Jean-Pierre Dupuy. Un travail qui, présenté en novembre dernier au TNB lors du festival « Mettre en scène », était repris à la Fonderie, au Mans. 1H30 où viennent, par vague d’Einfall, des bribes de pensée… Façon, à travers Soubresaut de rappeler et de faire vivre la pensée qu’« une solitude intangible est pour l’intellectuel la seule attitude où il puisse encore faire acte de solidarité. », comme l’écrivait Adorno dans Minima Moralia, Réflexions sur la vie Mutilée.


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Je suis obsédé par l’insensé, je suis obsédé par la multiplicité.
Didier-Georges Gabily

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